Conférences

VIIèmes UNIVERSITES DE LA FAMILLE

« Écologie et famille »

1er décembre 2018 – de 9h00 à 17h00

Amphithéâtre du CUCDB

(69, Avenue Aristide Briand – DIJON)

Grande conférence le vendredi 30 novembre à 20h30

« Famille, théologie, économie : l’écologie intégrale et la foi chrétienne « 

Patrice de Plunkett, journaliste essayiste

 

Le terme écologie vient du grec oïkos qui veut dire la maison commune à la fois comme lieu réel et comme manière de vivre et logos qui désigne la science. Il désigne depuis le 19e siècle une science qui étudie les interactions des êtres vivants avec leur environnement et entre eux au sein de cet environnement. Cette science écologique se nourrit d’autres sciences comme la biologie, la géologie, la génétique… On connait aussi, en particulier, l’écologie politique qui se donne pour objectif de protéger la nature et la biodiversité. C’est à la société qu’elle s’adresse. Le projet de l’écologie politique n’est pas seulement écologique, c’est-à-dire descendant de la science écologique, il est aussi et, peut-être, premièrement, politique et donc alimenté par des systèmes politiques. Certains, par exemple, peuvent aller jusqu’à une écologie (ou à une politique) radicale d’inspiration anarchiste, l’actualité s’en est faite largement l’écho avec le mouvement zadiste.

Il existe une écologie plus modeste, qu’on pourrait qualifier de personnelle. Elle s’appuie sur la science écologique, mais aussi souvent sur des systèmes de croyances divers, appartenant notamment à la mouvance new-age. Mais des personnes privées, peuvent tout simplement choisir de faire attention à ce qu’ils plantent dans leur jardin et mettent dans leur assiette. Ils sont souvent attentifs à ce qu’ils produisent comme déchets et aussi entretiennent un certain type de relations avec les personnes qu’ils fréquentent, voisins ou même personnes de passage.

C’est la nature qui est communément au cœur de la réflexion écologique. Mais en y regardant d’un peu plus près, une équivocité est entretenue par le terme nature. De quoi parle-t-on à vrai dire ? S’agit-il d’un super-écosystème qui chapeauterait une multitude d’écosystèmes ? S’agit-il, plus que d’une somme, d’une totalité ? La nature agit-t-elle par de simples lois mécaniques ou se comporte-t-elle comme un individu, douée qu’elle pourrait être d’une certaine forme d’intelligence ? Est-elle, même, un dieu, comme semblent le penser les partisans de la déesse terre, Gaïa ? L’homme est-il intégré à la nature ou alors la nature se place-elle comme un vis-à-vis de l’homme ? Dans le premier cas, l’homme a-t-il une place prépondérante ou n’est-il qu’un maillon de la chaine des causes naturelles ? Dans le second cas, l’homme est-il exclus de toute influence sur la nature ? Ou est-il, à l’inverse, un agent de pouvoir sur la nature ? Un pouvoir donné par qui ? Doit-il composer avec la nature ou peut-il la contraindre à toute fin de répondre à ses besoins et ses désirs ?

Récemment le Pape François a écrit une encyclique très remarquée sur le sujet : il s’agit de Laudato si. « Loué sois-Tu » sont les premier mots d’une prière du plus écologiste des saints : Saint François. Le Pape développe le concept d’Écologie Intégrale, permettant d’emblée de réconcilier l’homme et la nature : il n’y a pas d’écologie sans qu’elle soit centrée par l’homme. Celui-ci fait dès lors partie des préoccupations d’une juste réflexion sur le sujet. On trouve, bien sûr, dans l’encyclique, des considérations sur une politique de l’écologie mais aussi une réflexion utile pour chacun qui est même amenée sur le terrain d’une spiritualité de l’écologie intégrale. Cette Encyclique est le premier geste pontifical de cette envergure. Est-ce à dire que l’Église est muette, auparavant, sur le sujet?

La famille est le milieu naturel de la personne humaine. Il existe une écologie de la famille lorsqu’on la considère comme un milieu bien qu’on ne puisse réduire aucun discours sur la famille à l’utilisation du paradigme écologique. Même si la famille est le milieu de la personne, elle ne se suffit pas à elle-même. Si elle fonctionne d’une part avec l’intimité pour substrat, cette intimité qui est celle des personnes qui la composent et qui est, dans le même temps celle de la famille, une autre part de ses fonctions essentielle est d’être ouverte à son environnement tant naturel que social, d’interagir avec lui et d’introduire ses membres au commerce avec lui. On le voit, le paradigme écologique offre un moyen de penser la famille dans ses relations internes comme dans ses relations externes avec l’environnement comme avec la société. Prenons, malgré tout, garde de réduire le discours sur la famille à une observation scientifique d’ordre écologique.

Lorsqu’on parle d’écologie, la famille est donc concernée au premier chef, tout comme les individus humains. Elle est bien un objet de l’écologie, elle en est un des partenaires et un des commanditaires. Le Pape François a mis l’homme, tout l’homme au centre des préoccupations écologiques de notre époque. Il est évident que la famille est également au même centre. Commanditaire, elle a un droit de regard sur les développements de l’écologie, partenaire elle a une responsabilité dans la relation avec la nature et avec la société. Il est préférable de dire que chaque famille a cette responsabilité comme chaque homme doit exercer son devoir en la matière.

Les Universités de la Famille intitulées « Écologie et famille » se proposent dans cette ligne, après avoir mieux explicité ce qu’est une juste écologie, d’explorer quelle part chaque personne et chaque famille ont dans la réflexion et par-delà dans l’action pour et dans la création, pour et dans l’humanité, pour et dans la société et les personnes. On s’efforcera d’une part de mieux comprendre le ou les mouvements écologiques, leurs racines et l’avenir qu’ils visent. On se tournera également vers une pratique concrète de l’écologie en famille à travers la vie quotidienne et notamment, comme exemple, la vie de couple.

 

Invités :

  • Michel Bastit, professeur de philosophie à l’Université de Bourgogne
  • Claude Compagnonne, Diacre, Sociologue, professeur à Agro’sup Dijon
  • Père Raquet, Prêtre du diocèse de Lyon, délégué épiscopal à l’écologie
  • Voizard, auteurs de l’ouvrage intitulé Vivre l’écologie en famille
  • Mme et M. les Dr des Pallières Clotilde et Thierry, spécialistes de la théologie du corps
  • Patrice de Plunkett, journaliste essayiste.

 

——————————————–

 

CEVIF - Conférences juin 2018 - affiche A4 v2

 

Bulletin d’inscription 3ème date cycle conférence Bioéthique